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L’actualité Francophone de l’adoption

Actualité et revue de presse francophone de l’adoption dans le monde.



Mère porteuse : Priorité doit être donnée à l’enfant !

3 July, 2008 ( Presse )

passage relatif à l’adoption dans l’article



Pour légitimer cette pratique, certains veulent l’assimiler à l’adoption. Mais l’adoption est organisée dans l’intérêt de l’enfant pour pallier un accident de vie, alors que la gestation pour autrui impose cet accident de vie à un enfant, objet d’un désir d’adultes. Dans un cas, on tente de réparer une rupture précoce, dans l’autre on la programme. Il ne faudra pas s’étonner si, devenues adultes, les personnes nées de mères porteuses se plaignent d’avoir été délibérément malmenées à un âge sans défense….

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Commentaires

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Commentaire de Claire |

Depuis l’avis du CCNE de 1984, la question de la maternité pour autrui dont nous discutons aujourd’hui perdure depuis un quart de siècle en France. Dans une approche rationnelle et responsable, on aurait pu penser que la discussion aurait dû porter sur une évaluation des risques et des bénéfices tant sur le plan individuel que collectif des différentes options que recouvrent les différentes formes de maternité pour autrui. Ces différentes options de conditions d’accès, de mise en relation, de lien génétique, d’établissement de la filiation, d’aspects financiers, de place de la gestatrice peuvent être évaluées au regard de nos droits constitutionnels de liberté individuelle, de respect de la dignité du corps humain, du droit à être soigné et des droits de l’enfant, comme cela a été fait dans la quasi-totalité des pays qui ont légiféré.

Mais c’est une toute autre histoire à laquelle nous avons assisté en France. Ce n’est pas un débat rationnel qui s’éternise entre personnes aux conceptions antagonistes, c’est une incapacité à élargir le champ du débat au-delà de l’accouchement que nous imposent les opposants à la légalisation de toute forme de maternité pour autrui. Loin de tout fait étayé, dans un déni profond des expériences positives d’autres pays, c’est en fait une recherche du retour à un ordre naturel fantasmé que nous subissons. Comment est justifiée cette prohibition ? Ce serait un acte d’abandon d’un enfant par sa mère obtenu par coercition ou contre de l’argent, et cet acte aurait des conséquences dramatiques pour l’enfant ainsi né.

Dans ce tableau tragique et caricatural qu’on veut nous faire croire, il est occulté beaucoup de choses. A commencer par le père. Ce qui fait le propre de l’humanité et qui la différentie de l’animal, c’est d’abord l’amour d’un couple et le désir de faire naître un enfant. Ce qui fait aussi le propre de l’humanité et qui la différentie de l’animal, c’est que ce couple, et pas seulement la mère va ensuite élever cet enfant pour lui permettre un jour d’être autonome, et lui transmettre une histoire, une part d’humanité. C’est ce qui fait le cœur de la famille et dont nous connaissons les plus graves défaillances : violences conjugales, séparation, maladies… Il s’agit là de souffrances graves et avérées et non de simples suppositions comme celles que l’on prête à la maternité pour autrui. Ce qui fait le propre de l’humanité, c’est de ne pas subir son destin et de chercher sans relâche, et même parfois maladroitement, des solutions aux problèmes de l’existence et d’augmenter notre compréhension du monde.

Dans le tableau tragique que l’on nous présente, c’est la toute puissance d’un ordre naturel duquel on ne pourrait s’échapper. La femme infertile devrait rester stérile, l’avenir de l’enfant serait déterminé par la grossesse, et l’argent ne serait que source de corruption morale. Dans cet ordre naturel que l’on voudrait nous imposer, il n’y aurait pas d’alternative pour la femme entre être une mère ou devenir une putain par la soumission aux forces de l’argent.

Mais nous vivons dans un monde bien plus complexe. Il existe des milliers de façons d’être une femme, des milliers de façons d’être un homme, des milliers de façons d’utiliser l’argent, des milliers de façons de vivre une grossesse. Ce qui permet de vivre en société, ce n’est pas d’obliger les gens à rentrer dans des comportements fixés par des convictions, c’est de respecter les règles qui protègent la collectivité et l’individu, à commencer par ses libertés individuelles. Car ne nous y trompons pas, ce retour à un ordre naturel fantasmé n’est rien d’autre que le rêve d’un ordre moral qui nous rappelle les sinistres époques où l’on déniait à la femme la liberté et la capacité d’exercer certaines professions, de voter ou d’avoir un compte en banque, et qu’au fond la seule vertu qu’on lui reconnaissait était d’assurer la reproduction de sa famille. Après 25 ans de chocs des représentations, il serait temps d’aborder la question de la gestation pour autrui par une approche humaniste et pragmatique, et d’en déterminer les modalités selon nos principes constitutionnels, et non simplement selon les convictions de certains. Nous disposons de l’expérience de nombreux pays qui ont su mettre en place des règles qui fonctionnent bien, et nous pouvons aussi nous appuyer sur l’expérience précieuse de 30 années de don de sperme en France par les Cecos.

Commentaire de Adoption Actualité |

merci pour ce long commentaire. On voit votre engagement pour la Légalisation de la gestation pour autrui,